soyons sérieux, parlons du péteux!

vendredi 15 janvier 2016

peur de décevoir

Bien cher journal

Avec moi, c'est toujours la même chose. Je suis un feu de paille, un feu d'artifice.  J'ai tellement peur de passer pour une personne sans idées, stupide, sans intérêts que je m'efforce dès les premiers instants à parler intelligemment. Je sais que j'ai la capacité de m'intéresser aux autres et je pense que ça parait. 

Mais j'ai souvent peur de passer pour une fraudeuse intellectuelle. Comme si je me plaçais sur un podium et que j'aille peur qu'on me fasse déchoire de ce podium imaginaire. 

Et ça se voit quand ça arrive: les yeux cessent de briller, le regard tombe, le cou se tord légèrement. L'intérêt n'y est plus. Sans être la faute de qui que ce soit, ce regard, je l'ai fait et reçu. Toujours avec la même douleur. 

Dans le fond, nous sommes tous pareil: on désire être apprécié et admiré. 

Et moi, dans ma grande peur de passer pour une idiote, je me sabote. Je vais au devant pour dire des conneries. Ainsi, le jeu qui me hante cesse tôt. Je devrais porter un t-shirt avec une inscription: idiote perpétuelle. 

De cette manière, c'est plus simple pour moi de monter sur mon podium imaginaire plutôt que d'y descendre.

Bien cher journal

Quel genre d'individu peut bien passer son énergie à agir ainsi?

XXX Matante Bizzz

Posté par soyonsserieux à 16:42:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 16 décembre 2015

Quand je pense à toi avec mon coeur

Bien cher journal

Il m'arrive de penser à des gens qui m'entourent. Et parfois je me braque, je me raidis, je me bloque quand je comprends qu'on cherche à me contrôler. Et je réagis comme si on volait mon intimité. Des paroles, des gestes, des commentaires... tout ce qui peut me faire chavirer. 

Ça me fait penser aux batteurs de femmes qui disent que c'est leur femme qui les ont provoqués, mais c'est un autre discussion.

Et quand je me réagis avec autant du vigueur, je suis dans un mode de contrôle, moi aussi. Et notre relation devient infecte. 

Mais quand j'arrive à penser à toi en te voyant dans mon coeur, tout s'éclaire. Plus personne n'a de pouvoir sur moi. Tout devient limpide et la discussion s'harmonise entre nous. Je suis au diapason.

Ce qui est bizarre dans mon affaire, c'est que j'aime quand je peux échanger cordialement avec l'autre. Comment se fait-il qu'il m'est si difficile de rester sur cette énergie? 

Rien n'est gagné. J'ai la tête dure. Rien n'est perdu. J'ai le coeur à la bonne place.

XXX Matante Bizzz

Posté par soyonsserieux à 10:53:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mardi 15 décembre 2015

S'étourdir

Bien cher journal

Depuis qu'un médecin m'a sortie de ma tombe, j'ai eu espoir de retrouver une vie bien à moi. J'ai sincèrement pensé que j'aurais pu retourner sur le marché du travail, d'avoir une place qui m'importait dans la société. Et coups après coups, je dois m'avouer que je ne retournerai pas sur le marché du travail. 

Je me suis étourdie durant ces deux dernières années. Étourdie et espérante.  Je me suis imaginée à faire plein de trucs qui me plaisait. Retourner aux études, me sentir jeune à nouveau. Et ce matin, je me réveille en me disant que je suis rendue vieille de corps. Il ne suit pas mes désirs. Je trouve ça difficile. 

Ce que je retiens, c'est que s'étourdir rend la vie agréable... à condition de rester étourdie.

Posté par soyonsserieux à 10:14:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

lundi 19 octobre 2015

Donner un sens à l'épreuve

Bien cher journal

J'écoutais des dames discuter. Elles parlaient des épreuves. Une d'entre elles disait qu'elle croyait à un dieu autrement que ce qui lui a été présenté, un dieu plus grand qu'elle, une énergie qui sait quoi envoyer aux gens.

Et elle disait que cette pensée lui donnait la force de passer à travers les épreuves, que les épreuves étaient envoyées pour se dépasser, grâce au grand Manitou.

Je comprends qu'un épreuve, c'est dur à traverser. Et qu'au travers une épreuve, on puisse trouver une force, une énergie qui nous est nouvelle et qu'à partir d'une épreuve, on puisse se découvrir.

Mais de penser que le grand manitou est là, bienveillant.... 

Pour moi, c'est comme une figure parentale qui tape son enfant et que cet enfant finisse par croire que son parent le fait pour son bien.

Je me dis que si un grand manitou m'envoie une épreuve, pas question que je le remercie.... D'ailleurs, je ne remercierai jamais ceux qui tapent. 

Posté par soyonsserieux à 10:38:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 18 octobre 2015

Nous le savions

Bien cher journal

Nous étions jeunes adultes, toi et moi, nous étions blasés de notre société, nous pensions au suicide pour en finir. On s'en parlait. On se disait que c'est de cette manière qu'on voudrait terminer notre vie versus souffrir...

Nous avons vieilli ensemble. 30 ans, c'est pas rien! 30 ans sans chicane et sans avoir eu l'impression que l'un d'entre nous était laissé pour compte. On s'entend bien ensemble, tout simplement. 

Je suis devenue malade, tu étais là. Jamais je ne pourrai te rendre la moitié des bontés que tu m'as données. 

Je savais que tu vieillissais, moi aussi, je vieillis. Et je m'inquiète de savoir qu'un jour, tu vas mourir... Comme tout le monde! 

Je me souviens de t'avoir dit, il y a si longtemps, que c'était obligatoire que notre union se dissolve:

soit je meure, tu restes seul, soit tu meurs, je reste seule, soit tu casses, je reste seule, soit je casse, tu restes seul...

C'est inévitable, obligatoire... et triste.

Et j'ai peur de vivre sans toi. Et j'ai peur de vivre sans homme, j'aime trop vivre avec un homme. Même si je sais que personne ne pourra t'égaler, ni même t'aller à la cheville, je préfère être avec un homme qui est propre, qui sent bon, qui m'abrille le matin, que je donne le manteau à son départ, un bizou ici et là... Toutes ces choses qui font que la vie à deux est douce...

Et je suis devenue malade... Et j'ai peur que tu partes.

Et moi, dans ma grande peur, j'ai voulu protéger mes arrières en cherchant un autre homme pendant que tu étais là, tout près de moi. 

Je sentais bien que tu me comprennais. Et, par hasard, j'ai discuté avec une amie que j'aime tellement  et qui m'a fait réfléchir.

J'ai compris que tout ce temps où je cherchais un autre homme, je ne vivais pas entièrement la relation qui m'attache à toi. C'est la peur de me retrouver seule qui m'habitait.  Pardon.

Qu'importe si il nous reste 2 semaines, 2 ans ou 2 décénies ensemble. Je veux gouter chaque seconde avec toi.

Je t'aime tel que tu es... Pour toujours.

XXX

Posté par soyonsserieux à 10:03:49 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :



Té pas meilleur que moi!

Bien cher journal

J'ai été témoin d'un truc qui me fait réfléchir.  Comment se fait-il que je n'y avais pas pensé avant? Comment se fait-il que ce genre de truc se passe ainsi?

Être croyant, c'est correct, c'est légitime, c'est normal... Croire à un après-vie, à une aide pour traverser les épreuves du quotidien, ça va de soi pour la plupart des gens.

Mais, quand ces gens croyants savent qu'une personne parle aux anges et aux dieux et que ces mêmes anges et mêmes dieux leur répondent, on voit les croyants se dissocier.

Comme si dieu existe pour de vrai, c'est évident! Mais il ne peut se manifester réellement aux autres. Comme si ces bénis qui ont des privilèges de connection sont des imposteurs...

Et pourtant, les livres de croyants sont basés sur des gens qui croyaient avoir des antennes spéciales. C'est juste que ces gens ne sont pas nos contemporains. 

J'y vois une certaine forme de mépris du genre: «té pas meilleur que moi, j'ai la Foi (avec un F majuscule siouplait) donc j'aurais moi aussi des antennes spéciales! 

C'est hallucinant de voir les gens ne pas se rendre compte que ce n'est qu'une question de temps entre ceux qui ont contruit les livres de religion et nos contemporains qui se croient privilégiés.

J'imagine Moïse vivant aujourd'hui, il irait sur la montagne, descendrait avec ses 10 commandements, on l'enfermerait en psychiatrie... et pourtant, ses privilèges divins ont constitué la base de la religion.

C'est drôle pareil quand on y pense....

Raël, Moïse... c'est quoi la différence?

Posté par soyonsserieux à 09:43:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 7 octobre 2015

La colère quand on sait qu'on va mourir

Bien cher journal

Moi qui ai tendance à être colérique, je sais ce qu'on peut ressentir quand on vit quelque chose d'inacceptable. Cette énergie m'habite depuis toujours.

Il m'arrive de cotoyer des gens qui savent qu'ils vont faire le grand saut, celui qu'on redoute, celui qu'on repousse, celui qu'on devra faire.

Jai pour mon dire que la mort, quand on sait qu'on va l'avoir en pleine figure, est un truc pas facile à saisir.

Bien chanceux ceux qui semblent sereins!

Pòur moi, la  vie, c'est comme être dans un méga party et un jour, on est interpellé par un garde qui nous dit que notre party achève. On peut l'ignorer, essayer de l'apprivoiser, se préparer...

Mais un beau jour, ce garde nous place dans un vestibule et on entend les autres qui continuent le party. Il est difficile de se réjouir pour les autres quand notre party achève. Je suis du genre à en vouloir aux autres de continuer le party.

Je sais, je devrais me flageller de me penser si importante, pour croire que les autres devraient mourir en même temps que moi, mais pour être honnête, c'est ainsi que je le ressens. Soit j'en parle, soit je me tais et peut-être que d'autres vivent la même chose que moi sans rien dire.

Pour moi, l'attente de la mort est être dans un vestibule et la mort, c'est d'être expulsé du party avant que le gateau de noce arrive. On sait que les autre vont continuer le party, mais moi, je n'y serai pas.

Je comprends la colère de mourir.

Pour tous ceux qui feront le grand saut, je vous embrasse

XXX matante Bizzz

Posté par soyonsserieux à 09:34:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Les cheveux

Bien cher journal

Ce matin, j'ai envie de parler de choses anodines.

Les cheveux.

D'une première impression, les cheveux repoussent donc, c'est un sujet futile.  La semaine passée, je me suis fait couper les cheveux, très court. Pour avoir l'air tannante, pour ôter le grichoux.

J'ai repensé à mes cheveux d'avant mon mal de dos. Longs et roux, frisottés et sains. Et après ma première opération, ils sont devenus cassants et n'ont jamais repoussé comme autrefois. J'ignorais que je souffrais d'hypothyroidie, ce qui casse les cheveux.  J'aimais bien mes cheveux.

J'ai une amie qui est maintenant décédée, ma bien chère Sylvie. Elle m'a montré une photo d'elle avant qu'elle perde ses cheveux. J'ai pleuré aussitôt. Ses cheveux étaient blonds naturels et ils étaient longs... jusqu'à terre. En fait, il manquait un pouce pour toucher terre.

Après sa première chimio, elle a perdu ses cheveux par poignée. Elle les a rasé. Jamais elle n'a retrouvé sa belle chevelure si séduisante.

Il m'arrive d'entendre des hommes parler de leur chevelure. J'ai beau dire que je trouve que les hommes qui perdent leur cheveux sont séduisants, je sens bien qu'ils ne me croient pas.

Ce que je dois en comprendre, c'est qu'ils doivent dire adieux à ce qu'ils étaient, et, comme dans tous deuils, il arrive que ce soit la nostalgie qui prenne le dessus.

Les cheveux font parti du jeu de la séduction, les perdre peut être une catastrophe. Relativiser n'est pas si simple.

Posté par soyonsserieux à 09:18:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

2 ans aujourd'hui

Bien cher journal

Aujourd'hui, un grand génie me sortait de ma tombe où j'étais emprisonnée depuis 8 ans.   Ca fait 2 ans aujourd'hui. Pas un jour ne se passe sans que je pense à ce super génie, mon deuxième Super Mario!

J'ai toujours mal au dos, oui, mais je n'ai plus ces engourdissements dans les bras, ni mes étourdissements, ni mes problèmes de vision.

J'ai fait la paix avec ma colonne, nous sommes complices ensemble, complice dans nos misères, complice dans nos joies.

Je suis contente d'être en vie, contente d'avoir un super chum à mes côtés, contente d'avoir une place où je m'épanouis.

XXXX Matante Bizzz

Posté par soyonsserieux à 08:56:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

lundi 21 septembre 2015

Une relation sincère

Mon père, pardonnez-moi car j'ai péché

Bien cher journal

Hier, je rencontrais une de mes tantes religieuse. Qu'elle me parle de son dieu me fait plaisir.  Qu'elle m'oblige à y croire me désole. Je ne sais plus comment lui dire, comment me faire comprendre sur ce sujet. C'est trop souvent pareil avec les croyants: ils sont incapables de croire tout seul! 

Toujours est-il qu'à cause de son grand âge, j'essaie d'être à son écoute. Mais comment puis-je réagir lorsqu'une personne veut  m'obliger  à faire ce que je ne veux pas?  Quand elle me parle de son dieu, des miracles qu'il a accompli, je fais un grand signe de tête qui dit «oui, je suis avec vous», mais quand je dois approuver que c'est un miracle, que je dois croire en dieu, et pire, qu'elle trouve difficile de discuter avec moi, qu'elle ne comprend pas comment à quel point je suis la seule avec qui elle a de la misère à discuter, là, je débarque.  Je sais que je ne suis pas en relation sicère.

Je n'y vois pas d'autres issues que celles-ci:

1) Soit je fais semblant de dire comme elle et elle ne saura pas ce qui m'habite;

2) Soit je dis calmement ce que je pense et elle a l'intelligence de changer de sujet;

3) Soit je dis ce que je pense afin que nous échangions sincèrement et il est possible que nos opinions divergent;

4) Soit je finis par dire que je ne veux plus qu'on parle de dieu et je passe pour une satanique. 

Mais ce que j'en retiens, c'est que la dissension est une manière de discuter, une manière de connaitre l'autre tel qu'il est, comme il est. Une relation qui est harmomnieuse et sincère existe. Toujours est-il qu'il faut, comme prémisse, la volonté de vouloir échanger, de connaitre l'autre, de savoir ce qu'il pense et ne pas se sentir attaqué lorsqu'il y a divergence d'opinion.

Toujours est-il que hier, j'ai regardé ma tante que j'aime beaucoup et j'ai soupiré d'insatisfaction.

«Non ma tante, je ne croirai pas plus en dieu lorsque vous mourrez»

«Non ma tante, je ne pense pas que ce qui vous arrive soit un miracle»

«Non ma tante, je ne suis pas satanique et mon regard de furie ne fait qu'indiquer que vous outrepassez votre limite à vouloir me faire croire en dieu».

Ce n'est pas parce qu'une tonne de brique se dépose sur moi, que la pesanteur fera que je croirai. C'est juste pesant à supporter. 

J'en comprends que la relation n'est qu'en surface. Ça me désole. La vie est trop courte pour cotoyer des gens qui ne veulent rien savoir de ce qui me fait vibrer.

Désolée

Posté par soyonsserieux à 10:16:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :