Bien cher journal

Nous étions jeunes adultes, toi et moi, nous étions blasés de notre société, nous pensions au suicide pour en finir. On s'en parlait. On se disait que c'est de cette manière qu'on voudrait terminer notre vie versus souffrir...

Nous avons vieilli ensemble. 30 ans, c'est pas rien! 30 ans sans chicane et sans avoir eu l'impression que l'un d'entre nous était laissé pour compte. On s'entend bien ensemble, tout simplement. 

Je suis devenue malade, tu étais là. Jamais je ne pourrai te rendre la moitié des bontés que tu m'as données. 

Je savais que tu vieillissais, moi aussi, je vieillis. Et je m'inquiète de savoir qu'un jour, tu vas mourir... Comme tout le monde! 

Je me souviens de t'avoir dit, il y a si longtemps, que c'était obligatoire que notre union se dissolve:

soit je meure, tu restes seul, soit tu meurs, je reste seule, soit tu casses, je reste seule, soit je casse, tu restes seul...

C'est inévitable, obligatoire... et triste.

Et j'ai peur de vivre sans toi. Et j'ai peur de vivre sans homme, j'aime trop vivre avec un homme. Même si je sais que personne ne pourra t'égaler, ni même t'aller à la cheville, je préfère être avec un homme qui est propre, qui sent bon, qui m'abrille le matin, que je donne le manteau à son départ, un bizou ici et là... Toutes ces choses qui font que la vie à deux est douce...

Et je suis devenue malade... Et j'ai peur que tu partes.

Et moi, dans ma grande peur, j'ai voulu protéger mes arrières en cherchant un autre homme pendant que tu étais là, tout près de moi. 

Je sentais bien que tu me comprennais. Et, par hasard, j'ai discuté avec une amie que j'aime tellement  et qui m'a fait réfléchir.

J'ai compris que tout ce temps où je cherchais un autre homme, je ne vivais pas entièrement la relation qui m'attache à toi. C'est la peur de me retrouver seule qui m'habitait.  Pardon.

Qu'importe si il nous reste 2 semaines, 2 ans ou 2 décénies ensemble. Je veux gouter chaque seconde avec toi.

Je t'aime tel que tu es... Pour toujours.

XXX