Bien cher journal

Tu m'as manqué. J'ai hiberné. L'hiver a été doux, mais j'ai passé mon temps à dormir. J'ai fait un début de pneumonie. 

J'avais envie de te parler des accolades. Je déteste en recevoir. Je n'en donne pas. J'ai l'impression que celui qui initie l'accolade démontre son incapacité à être à l'écoute de l'autre. Quand j'y pense, quand je l'observe, je constate un bris de mouvement de l'autre. Comme si celui qui racontait son épreuve se braquait un peu. J'ai souvent l'impression que c'est une manière de faire taire l'autre. Une manière de cesser l'écoute. Une mauvaise manière de consoler. En fait, plus j'y pense, moins j'ai de souvenirs de gens qui m'ont raconté que telle personne leur avait fait une accolade et que ça leur avait fait du bien. Par contre, si quelqu'un cherche une accolade après avoir parlé, là, c'est différent. L'initiateur de l'accolade est celui qui veut mettre un terme aux pleurs.

Ais-je de la peine à voir les autres pleurer?

C'est rare. Peut-être que je suis incapable de consoler. 

Je vais y réfléchir.

XXX Matante Bizzz