Bien cher journal

Ce matin, j'ai envie de parler de choses anodines.

Les cheveux.

D'une première impression, les cheveux repoussent donc, c'est un sujet futile.  La semaine passée, je me suis fait couper les cheveux, très court. Pour avoir l'air tannante, pour ôter le grichoux.

J'ai repensé à mes cheveux d'avant mon mal de dos. Longs et roux, frisottés et sains. Et après ma première opération, ils sont devenus cassants et n'ont jamais repoussé comme autrefois. J'ignorais que je souffrais d'hypothyroidie, ce qui casse les cheveux.  J'aimais bien mes cheveux.

J'ai une amie qui est maintenant décédée, ma bien chère Sylvie. Elle m'a montré une photo d'elle avant qu'elle perde ses cheveux. J'ai pleuré aussitôt. Ses cheveux étaient blonds naturels et ils étaient longs... jusqu'à terre. En fait, il manquait un pouce pour toucher terre.

Après sa première chimio, elle a perdu ses cheveux par poignée. Elle les a rasé. Jamais elle n'a retrouvé sa belle chevelure si séduisante.

Il m'arrive d'entendre des hommes parler de leur chevelure. J'ai beau dire que je trouve que les hommes qui perdent leur cheveux sont séduisants, je sens bien qu'ils ne me croient pas.

Ce que je dois en comprendre, c'est qu'ils doivent dire adieux à ce qu'ils étaient, et, comme dans tous deuils, il arrive que ce soit la nostalgie qui prenne le dessus.

Les cheveux font parti du jeu de la séduction, les perdre peut être une catastrophe. Relativiser n'est pas si simple.